C'est en temps que passionnée par les sciences (et particulièrement la biologie) que je créée ce blog d'actualité des sciences. Je vais essayer de varier autant que possible les thèmes et sujets dans les domaines des sciences de la Vie, de la Terre et de l'Univers.
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mercredi 4 juin 2008

pollution fluviale au PCB : l'état d'alerte

Qu’est-ce que les PCB ?
Les PCB, ou PolyChloroBiphényles, et PCT ou PolyChloroTerphényles sont des dérivés chimiques chlorés plus connus en France sous le nom de pyralènes. Depuis les années 1930, les PCB étaient utilisés dans l’industrie pour leurs qualités d’isolation électrique, de lubrification et de d’ininflammabilité. On les retrouvait comme isolants dans les transformateurs électriques et les condensateurs, comme lubrifiants dans les turbines et les pompes ou comme composants d’huiles, de soudures, d’adhésifs, de peintures et de papiers autocopiants.

Présentent-ils un danger ?
Il est avéré que les PCB posent des problèmes de toxicité. C’est pourquoi, depuis 20 ans ces substances ne sont plus ni produites ni utilisées dans la fabrication d’appareils en Europe.En France, les pouvoirs publics ont imposé des mesures, nécessairement progressives pour tenir compte de la durée de vie et du nombre important des matériels (environ 500 000 recensés) :
  • 1979 : interdiction dans les encres, adhésifs, additifs et dans certaines huiles ;
  • 1987 : interdiction de vendre, d’acquérir ou de mettre sur le marché des appareils contenant des PCB ;
  • 2003 : Le plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant des PCB et PCT prévoit un calendrier de décontamination des appareils recensés au plus tard pour le 31 décembre 2010. Certains appareils contenant des PCB et PCT à faible concentration (moins de 500 milligrammes par kilogramme) peuvent être éliminés au terme de leur utilisation.
Pourquoi trouve-t-on des PCB dans les eaux ?
Les PCB persistent dans l’environnement à cause de leur très lente décomposition naturelle (= faible biodégradabilité) et sont peu solubles dans l’eau. Ils se sont donc accumulés progressivement dans les sols et les sédiments.Par le passé, une mauvaise appréhension des risques présentés par ces substances, notamment à long terme, et des déversements accidentels ont pu conduire à en rejeter dans l’environnement en quantité mal connue.Aujourd’hui encore, certaines installations soumises à réglementation peuvent rejeter des émissions de PCB dans l’eau même si c’est en quantités faibles et contrôlées. Par ailleurs, les déversements sauvages d’appareils contenant des PCB (actes de vandalisme sur les transformateurs par exemple) ou, plus ponctuellement, le lessivage des sols pollués aux PCB restent encore des sources d’émission dans l’eau.La surveillance des PCB dans les sédiments permet d’établir, via les réseaux de suivi nationaux, une première cartographie de l’intensité de la contamination. Trois bassins hydrologiques sont particulièrement concernés : Artois-Picardie, Rhône-Méditerranée et Seine-Normandie.En conclusion, la pollution constatée dans les sédiments par les PCB est essentiellement d’origine historique.

Faut-il dépolluer les sédiments ?
Avant toute opération de dépollution par dragage des sédiments, il convient de prendre en compte les éléments suivants :
  • le dragage des sédiments peut remettre en suspension les PCB dans l’eau ce qui entraîne leur transfert vers d’autres portions du réseau hydrographique ;
  • le dragage peut « décaper » les sédiments les plus récents (a-priori ceux qui sont les moins contaminés) et remettre en contact avec le milieu aquatique les sédiments plus anciens et plus contaminés ;
  • des sites de dépôts des sédiments avec confinement doivent être trouvés si possible à proximité du cours d’eau dragué ;
  • les coûts de l’opération sont variables mais toujours élevés, de l’ordre de 100€/ m3.
Le dragage des sédiments puis leur traitement sont donc difficilement envisageables à grande échelle pour des raisons environnementales, techniques, et financières.

Quels enjeux pour l’homme et l’animal ?
Très solubles dans les graisses, ces substances s’accumulent dans les tissus graisseux tout au long de la chaîne alimentaire. L’homme se contamine par l’ingestion d’animaux ou de produits d’origine animale, notamment le lait, les œufs et les poissons, contaminés par le PCB. « Il est à noter que la toxicité aiguë des PCB est faible pour l’homme : une exposition accidentelle de courte durée aux PCB n’a pas de conséquence grave. Une exposition aiguë à forte dose est associée à des irritations de la peau (chloracné). Plus rarement, ont été observés des infections hépatiques, neurologiques, des bronchites chroniques, des maux de tête, des vertiges, des dépressions, des troublesde la mémoire et du sommeil, de la nervosité et de la fatigue, et de l’impuissance. Ces troubles sont, pour certains, réversibles.S’agissant des effets chroniques (exposition sur le moyen et le long terme), les PCB présentent divers effets néfastes chez l’animal, notamment toxicité pour la reproduction, immunotoxicité et cancérogénicité. Ils ont été classés en tant que substances probablement cancérogènes pour l’homme.Les effets sur les hormones thyroïdiennes et les conséquences possibles sur le développement du cerveau sont l’objet de discussions à l’heure actuelle.Outre ces possibles effets cancérogènes, les effets chroniques des PCB sont des dommages du foie, des effets sur la reproduction et la croissance. » (1).

Peut-on continuer à manger du poisson pêché en eau douce ?
Les poissons sont un des maillons de la chaîne alimentaire où chaque animal transmet à un autre les polluants qu’il a pu ingérer et qui ainsi se concentrent un peu plus à chaque fois dans leur chair. L’Union européenne a adopté les normes recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de concentrations maximales admissibles en PCB dans les poissons destinés à la consommation humaine. Le dépassement de ces normes peut conduire localement, à des interdictions de consommation de poissons, par arrêtés préfectoraux.Des espèces sont plus susceptibles que d’autres d’être contaminées :
  • celles vivant au contact des sédiments de fond (anguille, brème commune),
  • les carnassières, en raison de leur position en fin de chaîne alimentaire (brochet, sandre, silure).
Mais, des espèces a priori moins susceptibles d’être contaminées peuvent l’être dans des conditions environnementales spécifiques. C’est pourquoi, les mesures d’interdictions de consommation des poissons ne peuvent être ciblées sur des espèces particulières ni relever d’une logique « du cas par cas ». Il n’existe en effet pas de dispositif d’analyse simple et rapide de la contamination du poisson capturé. Chaque analyse PCB s’effectue en laboratoire et coûte de 600 à 1000€ par poisson.Il est donc indispensable de respecter les arrêtés préfectoraux pris localement pour interdire la consommation des poissons pêchés dans une zone à risque.


(1) Source : plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant des PCB et PCT approuvé par arrêté du 26 février 2003.

    de l'info en vrac

    Le feu sous la glace
    En Antarctique, le retrait des glaces est plus rapide dans certaines régions que dans d'autres. C'est notamment le cas de l'ouest du continent. En survolant la zone, Hugh Corr et David Vaughan, du British Antarctic Survey, à Cambridge, ont découvert une explication à ce phénomène. A l'aide d'un avion équipé d'un radar, ils ont repéré dans la glace de l'île Pine, une couche qui renvoyait fortement les ondes. Il s'agirait de téphras, des matériaux éjectés par un volcan. L'éruption, la plus important de ces 10 000 dernières années, aurait eu lieu vers 325 avant notre ère. La date a été déterminée grêce ) un modèle d'accumulation de la neige.
    Les glaciologues pensaient que la fontes des glaces dépendait surtout de la chaleur des eaux océaniques environnantes. Ces résultats montrent que désormais, un volcanisme est à prendre en compte. En effet, le volcanisme est actif sous l'Antarctique : le mont Erebus, dans la mer de Ross, est en activité depuis 1972.
    Reste à déterminer dans quelle mesure ce volcanisme précipite la fonte des glace...

    Asthme : trop de mitochondries
    L'asthme est une inflammation chronique des voise aériennes qui entraîne une obstruction des bronches. L'équipe de Patrick Berger, à l'Université de Bordeaux 2, vient de découvrir que cette pathologie s'accompagne d'une augmentation de la quantité de mitochondries, les usines énergétiques des cellules. Cela engendre une prolifération excessive des cellules musculaires bronchiques, d'où résulte le remodelage des voies respiratoires.
    On détient là une nouvelle piste pour lutter contre l'asthme : limiter la prolifération des mitochondries, ce qui pourrait se faire en freinant l'entrée du calcium dans les cellules.
    Un essai clinique devrait débuter prochainement...

    Mystère dans le manteau
    Les manteaux terrestre est-il structuré en 2 couches bien séparées, comme le suggère l'imagerie sismique ?
    Francis Albarède, de l'ENS de Lyon, pense que non. Le manteau est une couche rocheuse de 2 900 km d'épaisseur, comprise entre le noyau et la croûte terrstre. Les géochimistes distinguent le manteau supérieurd'où viendraient les basaltes du fond océanique et le manteau inférieur dont serait issus les basaltes des îles océaniques. Ces basaltes remonteraient directement du manteau inférieur et, en se déversant en surface à l'aplomb des points chauds, constitueraient ces îles. Si les 2 couches du manteau ne communiquez pas, les caractéristiques géochimiques de ces 2 types de basaltes devraient être bien différentes.
    Effectivement, les basaltes constituant la Réunion, Hawaï ou l'Islande contiennent plus d'hélium et de néons ricues en isotopes primordiaux que ceux du fond océanique, ce qui confirmerait une origine profonde de ces basaltes. Cependant, plusieurs observations contredisent cette idée. D'abord, les basaltes des îles océaniques sont pauvres en certains éléments caractéristiques du matériau terrestre primitif (différents de l'hélium et du néon). Or si ce matériaux provient d'un manteau inférieur isolé depuis la naissance de la Terre, le magma qui produit les îles devrait, au contraire, être riche en ces éléments. Ensuite, le basaltes hawaiien contiens beaucoup d'oxygène 18, ce qui indique qu'il a subi une maturation nécessitant un séjour dans le manteau supérieur, non loin de la surface. Enfin, on décèle même des traces de sédiments océaniques dans les basaltes insulaires, qui ne sauraient provenir des profondeurs !
    Pour lever ces contradictions, F. Albarède propose que, tôt dans l'histoire de la Terre, les gaz primordiaux ont été piègés dans les roches réservoirs poreuses, particulièrement solides, stables et réfractaires. Tout liquide magmatique venant à leur contact se serait chargé en gaz à isotopes primordiaux. Ce ne serait plus l'origine du magma, mais le chemin qu'il a parcouru qui expliquerait sa composition. Dès lors, nul besoin de supposer un compartimentage du manteau : des mouvements de convection dans toute la masse mantellique expliquerait la composition des divers basaltes.

    vendredi 25 janvier 2008

    danger...

    La biologie totale est présentée par ses zélateurs comme une « médecine nouvelle », une méthode à vocation thérapeutique censée expliquer « le processus de formation des maladies ».

    Esprit frappeur ?

    Elle repose sur la spéculation que toutes les affections sont des manifestations physiques – biologiques – de conflits psychiques : le cerveau, menacé par un « surstress », se mettrait off pour assurer sa survie et enverrait un message au soma qui prendrait le relais. Selon cette hypothèse, le concept de mal incurable deviendrait dès lors obsolète, il n’y aurait en fait que des malades inaptes à utiliser leur potentiel de guérison naturel, à savoir : traquer et résoudre le trouble psy, opération qui annulerait ipso facto l’ordre donné au corps par le cerveau.

    D’entrée de jeu, il est important de préciser que rien de tout ce qui précède n’a le fondement scientifique annoncé par les initiateurs de cette démarche et que les pratiques à visée thérapeutique qui y sont corrélées ne se fondent que sur des affirmations vides, mais non réfutables parce que non vérifiables, qualité qui fait la force de toutes les superstitions et croyances, même les plus délétères.

    Flou sur les pratiques

    Pratiquement, la thérapie proposée comporte deux étapes principales. La première est supposée « décoder biologiquement la maladie » à l’aide d’une grille interprétative. On ne sait pas précisément de quoi est composée cette grille mais certains sites donnent des exemples. Ainsi, des douleurs au pied seraient signes d’un conflit entre « la direction et le mouvement » pris par l’individu « qui ne sait plus sur quel pied danser ». Les jambes représentent sa « capacité à avancer dans la vie ». Une hanche douloureuse montrerait une « certaine inflexibilité ». Un cancer de la vessie serait affaire de marquage de territoire. Et cætera… et cætera…

    Des « questions pertinentes » sont posées au patient pour essayer d’établir l’histoire de son mal. Afin de mener à bien son « travail de détective », c’est-à-dire tenter de définir quand les symptômes ont été ressentis pour la première fois, de trouver quel « symbole » a généré le trouble, la personne (désignée dans la suite par « BT ») ayant suivi les week-ends de formation en « biologie totale » va, le cas échéant, faire appel à l’hypnose ou à des outils carrément spécieux.

    Le patient, pour avoir, éventuellement et entre autres, fait des recherches généalogiques – car le problème peut provenir d’un ancêtre jusqu’à la quatrième génération selon certains BT – est censé découvrir d’où viennent ses symptômes. Ainsi, par exemple, une myopathie trouverait son origine dans le « surstress » d’un ancêtre immobilisé dans une tranchée pendant la Grande Guerre…

    Une fois que le « bon événement » a été isolé, la guérison est amorcée, dit la doctrine. Comment savoir quel est le « bon événement » ? Eh bien, il paraît que le malade en a l’intime certitude et, en outre, qu’il a l’« absolue conviction » d’être sur la bonne voie. Cependant, il est précisé qu’il faut encore déterminer quels actes vont être décisifs pour y parvenir : cela exige évidemment l’aide du BT, cela peut durer longtemps et cela peut même rater.

    Lorsque le « processus de résolution » est lancé, débute la deuxième partie appelée « phase de rétablissement ». Pendant cette étape, la théorie annonce que des symptômes désagréables peuvent se manifester ; elle avertit en outre que « dans certains cas, la phase de réparation peut s’avérer encore plus dangereuse que la phase de maladie »

    À ce stade encore, diverses questions restent en suspens. Comment les symptômes vont-ils disparaître ? De quoi est fait « l’accompagnement professionnel parfois assez long » pas toujours couronné de succès et susceptible de rechutes si on ne se garde pas « en forme » ? Comment comprendre « professionnel » et « se garder en forme » ? Parle-t-on de ces BT formés en quelques stages et séminaires sans aucune base médicale ou psychologique ? Ou bien, une fois établie la source du problème, le BT envoie-t-il son client chez un médecin ? Pour diminuer les risques de rechute et rester en forme, faut-il fidéliser les visites et en ce cas, pendant combien de temps ? Selon la littérature disponible sur le web, on s’aperçoit qu’en cas de récidive dans les « cinq ans et demi » – c’est précis – cela signifie que le problème n’a pas été résolu et que, « donc », la maladie intervient à nouveau pour soulager le « conflit psychologique ».

    Rites et risques

    Une jeune femme ayant consulté un BT pour un problème dermatologique confie son expérience. Interrogée à propos de la phase dite « de réparation », elle répète les instructions reçues : après avoir trouvé l’origine du mal, le patient doit l’écrire (ah, les vertus cathartiques de l’écriture !), puis déchirer menu la feuille chargée désormais de toutes les misères (autrefois c’était un bouc qui portait tous les maux) et enterrer les morceaux (le bouc, lui, était chassé dans le désert). S’il n’a pas de jardin, une plante d’appartement fera l’affaire… Mais, a-t-elle ajouté, elle-même n’a pas dû aller jusque là. La seule évocation de l’origine de son problème de peau aurait enclenché le processus de guérison qui, selon ses dires, fut spectaculaire. Le décodage dans ce cas était le suivant : l’individu peu amène qui lui empoisonne la vie au quotidien serait l’hôte indésirable, en chair et en os, responsable du « surstress » et donc, in fine, de la mycose de la dame.

    Il faut quand même préciser ici que ce genre d’affection demande souvent un traitement médical relativement long, qu’en l’occurrence celui-ci était en cours depuis plusieurs semaines et que le BT consulté avait bien recommandé de ne pas l’interrompre.

    Mais tous les témoignages ne prêtent pas à sourire, comme celui-ci. Des cas dramatiques ont été relatés et, notamment, dans un article – édifiant et alarmant – de Pascale Gruber, in Le Vif-L’Express du 27 juin 2003. Comme celui de cette femme atteinte d’un cancer du sein qui, sur les conseils d’un généraliste homéopathe BT, a refusé tout traitement classique. Pendant des mois, la patiente a rendu visite à son BT – une ou plusieurs fois par semaine – jusqu’à ce qu’elle soit alarmée par l’apparition de symptômes plus menaçants. À ce moment seulement, le BT lui a conseillé de se faire contrôler. Ou encore, celui d’une petite fille soustraite à la chimiothérapie prescrite pour combattre une tumeur rénale. Ces deux personnes, rattrapées par la médecine seraient à ce jour hors de danger. Mais il y a aussi le triste cas d’une mère de famille belge, décédée d’un cancer. Sur les conseils du BT, elle avait arrêté son traitement. Une plainte a été introduite. Il y en a d’autres. À noter que, selon l’AFP, la première plainte contre Hamer a été déposée en 1996 : une autre femme, était décédée pour avoir suivi les conseils du guérisseur.

    Charabiadabra

    En effet, les BT ne se contentent pas de soigner des bobos. Leurs ambitions vont plus loin et visent les personnes les plus désemparées parce qu’atteintes de grandes maladies comme le sida, le cancer, la sclérose en plaques… Cette dernière, par exemple, vue avec la lorgnette du BT, serait la manifestation d’un conflit intégrant dévalorisation et déplacement…

    Comme pour toutes les magies, plus le discours est obscur, sibyllin, hermétique, plus il paraît sérieux aux yeux de certains. Les BT usent d’ailleurs d’un charabia pseudo-scientifique creux mais qui peut impressionner les natures crédules et déstabilisées.

    En plus d’un jargon abstrus, les BT utilisent également des outils à prétentions thérapeutiques, dont la psychogénéalogie, qui va par exemple expliquer vos maux de gorge par le fait qu’un de vos ancêtres a péri sur la guillotine ( !), ou la kinésiologie, ou encore les tarots qui vous permettront de « voir l’avenir déjà contenu dans le présent »…

    Arnaque intellectuelle, morale et financière

    Vous souriez ? Vous trouvez tout ceci un peu léger ? Et pourtant, la biologie totale est dangereuse à bien des égards.

    Dangereuse d’abord, parce qu’il y manipulation. La personne qui vient consulter un BT montre déjà, de par cette démarche, sa propension à la crédulité, son découragement, son désespoir peut-être devant un mal difficile, voire impossible, à guérir. Profitant de cette situation, le BT – qu’il fasse partie des imposteurs cyniques ou des gogos de première main – vient encore accroître cet état de faiblesse et de fragilité, en faisant croire au patient qu’il est seul responsable (avec ou sans ancêtre) de sa maladie et de sa guérison (ce qui ne doit pas arranger son « surstress » !). En lui faisant gober ensuite que lui, BT, détient le savoir qui permet de guérir, il installe une dépendance dont le malade n’est pas prêt de sortir.

    C’est un remake du schéma classique culpabilité-rachat-rédemption tristement célèbre, dans lequel sont inclus les proches et les ancêtres.

    Ensuite, comme toute pseudo-médecine, ce système – s’il ne semble pas nuisible à première vue, sinon pour le portefeuille – est pernicieux de par la perte de temps que sa mise en application entraîne. Le malade qui, comme cela arrive souvent, va consulter d’emblée un pseudo-thérapeute, peut ainsi retarder l’établissement d’un diagnostic grave et le traitement qui en découle… ou ne jamais les connaître. Et pourtant, dans certains cas, quelques mois, quelques semaines même, peuvent être déterminants pour la survie.

    En outre, certains BT demandent l’abandon pur et simple des éventuels traitements médicaux en cours, mettant ainsi la santé et parfois la vie des malades directement en péril. Cependant, cette pratique semble avoir été le fait des premiers BT – les fondateurs ! – mais les diverses interdictions, inculpations et condamnations – y compris des peines d’emprisonnement – prononcées à leur égard poussent désormais leurs disciples à davantage de prudence.

    Puisse cette prudence devenir épidémique et contaminer sans rémission les victimes des charlatans de tout poil !

    mardi 15 janvier 2008

    de battre mon coeur ne s'arrêtera pas...

    Pour la première fois, un cœur de rat qui parvient à fonctionner a été fabriqué à partir de cellules cardiaques néonatales.


    L'exploi...
    Des chercheurs ont réussi à créer en laboratoire un coeur battant de rat, à partir d'un organe d'un animal mort et de cellules cardiaques néonatales de rat, ouvrant la voie à de possibles avancées dans le domaine de la transplantation.
    Actuellement, 3.000 patients sont en attente d'une transplantation cardiaque aux Etats-Unis et 22 millions de personnes à travers le monde vivent avec une insuffisance cardiaque.

    "L'idée serait de développer des vaisseaux sanguins ou des organes transplantables et fabriqués à partir des propres cellules d'un individu", explique Doris Taylor (Université du Minnesota, Minneapolis, Etats-Unis), une des responsables de ces travaux.

    Cette perspective pourrait apporter un élément de réponse au problème crucial de la pénurie d'organes, expliquent les chercheurs.
    S'il était mis au point chez l'homme, le "coeur bioartificiel" pourrait augmenter le nombre de coeurs disponibles pour une transplantation en allongeant la durée d'utilisation de l'organe après le décès du donneur (aujourd'hui de 4 heures au maximum).

    Les travaux des chercheurs de l'Université du Minnesota ont pour le moment porté sur des rats et des cochons. Ils ont réussi à obtenir, en laboratoire (pas chez un animal vivant) un coeur battant de rat, en utilisant le coeur d'un animal mort comme "structure".
    Pour ce faire, ils ont éliminé la totalité des cellules de cet organe, grâce au procédé dit de "décellularisation", ne laissant que "la matrice extracellulaire", l'échafaudage sur lequel reposent les cellules. Ils ont ensuite injecté dans cette matrice des "cellules progénitrices" issues de coeurs de rats nouveaux-nés et ont placé cette structure dans une préparation stérile.
    Quatre jours après, des contractions étaient observées et huit jours après, le coeur avait une fonction de pompe équivalant à environ 2% de la fonction d'un coeur adulte. Des résultats prometteurs, selon les chercheurs, pour une expérience de faisabilité du principe et qui doivent maintenant être améliorés.

    "Quand nous avons vu les premières contractions, nous sommes restés sans voix", a commenté Harald C. Ott.

    "C'est un des deux grands moments de ma vie, a confié à l'AFP Doris Taylor.

    L'espoir...
    ...La prochaine étape...

    Les chercheurs veulent maintenant optimiser leurs travaux, avec l'objectif de transplanter ces coeurs bioartificiels afin d'explorer leur fonctionnalité "in vivo".
    Ils ont bon espoir que cette avancée pourra avoir des développements dans la chirurgie de transplantation, pour le coeur, mais aussi d'autres organes.
    Si l'exploit se réalise chez l'humain, le coeur bioartificiel augmenterait le nombre d'organes disponibles pour la transplantation en allongeant la durée d'utilisation de l'organe après le décès du donneur (actuellement de 4 heures).
    L'équipe de recherche veut maintenant analyser la fonctionnalité in vivo de ces coeurs bioartificiels. Elle espère à terme transposer ses travaux chez l'humain et même adapter la technique sur d'autres organes. Les chercheurs pensent que les coeurs bioartificiels créés à partir des cellules du receveur courront moins de risques de rejet.
    Une fois en place, le coeur devrait, en théorie, être nourri, régulé et régénéré de la même façon que l'organe d'origine.


    Une application encore lointaine...
    Cette même équipe a également testé avec succès la technique visant à éliminer toutes les cellules du muscle cardiaque sur des cœurs de porc. Elle a expérimenté ce procédé sur différents organes, comme les poumons, le foie, le rein et les muscles.

    Cette équipe veut maintenant transplanter ces cœurs bioartificiels sur des animaux vivants afin d'explorer leur fonctionnalité in vivo. "L'idée se­rait de développer des vaisseaux sanguins ou des organes transplantables et fabriqués à partir des propres cellules d'un individu", ex­plique Doris Taylor. Une telle perspective pourra peut-être apporter un jour un élément de réponse au problème crucial de la pénurie d'organes. En France, 700 personnes sont en permanence en attente d'une greffe de cœur.

    Il faut cependant reconnaître que cette perspective est encore très lointaine. "Ce travail, c'est de la très belle expérimentation réalisée par une équipe de grande qualité, soutient le professeur Philippe Menasché (hôpital Georges-Pompidou, Paris). Mais, soyons clair : les applications cliniques sont très loin. Un cœur, ce n'est pas que du muscle cardiaque, c'est aussi des artères coronaires, des nerfs, de vaisseaux lymphatiques, du tissu conjonctif, c'est très compliqué.
    Il s'agit de recherche magnifique, mais de là à envisager un cœur bioartificiel, c'est de l'utopiecomplète.»