C'est en temps que passionnée par les sciences (et particulièrement la biologie) que je créée ce blog d'actualité des sciences. Je vais essayer de varier autant que possible les thèmes et sujets dans les domaines des sciences de la Vie, de la Terre et de l'Univers.
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mercredi 4 juin 2008

pollution fluviale au PCB : l'état d'alerte

Qu’est-ce que les PCB ?
Les PCB, ou PolyChloroBiphényles, et PCT ou PolyChloroTerphényles sont des dérivés chimiques chlorés plus connus en France sous le nom de pyralènes. Depuis les années 1930, les PCB étaient utilisés dans l’industrie pour leurs qualités d’isolation électrique, de lubrification et de d’ininflammabilité. On les retrouvait comme isolants dans les transformateurs électriques et les condensateurs, comme lubrifiants dans les turbines et les pompes ou comme composants d’huiles, de soudures, d’adhésifs, de peintures et de papiers autocopiants.

Présentent-ils un danger ?
Il est avéré que les PCB posent des problèmes de toxicité. C’est pourquoi, depuis 20 ans ces substances ne sont plus ni produites ni utilisées dans la fabrication d’appareils en Europe.En France, les pouvoirs publics ont imposé des mesures, nécessairement progressives pour tenir compte de la durée de vie et du nombre important des matériels (environ 500 000 recensés) :
  • 1979 : interdiction dans les encres, adhésifs, additifs et dans certaines huiles ;
  • 1987 : interdiction de vendre, d’acquérir ou de mettre sur le marché des appareils contenant des PCB ;
  • 2003 : Le plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant des PCB et PCT prévoit un calendrier de décontamination des appareils recensés au plus tard pour le 31 décembre 2010. Certains appareils contenant des PCB et PCT à faible concentration (moins de 500 milligrammes par kilogramme) peuvent être éliminés au terme de leur utilisation.
Pourquoi trouve-t-on des PCB dans les eaux ?
Les PCB persistent dans l’environnement à cause de leur très lente décomposition naturelle (= faible biodégradabilité) et sont peu solubles dans l’eau. Ils se sont donc accumulés progressivement dans les sols et les sédiments.Par le passé, une mauvaise appréhension des risques présentés par ces substances, notamment à long terme, et des déversements accidentels ont pu conduire à en rejeter dans l’environnement en quantité mal connue.Aujourd’hui encore, certaines installations soumises à réglementation peuvent rejeter des émissions de PCB dans l’eau même si c’est en quantités faibles et contrôlées. Par ailleurs, les déversements sauvages d’appareils contenant des PCB (actes de vandalisme sur les transformateurs par exemple) ou, plus ponctuellement, le lessivage des sols pollués aux PCB restent encore des sources d’émission dans l’eau.La surveillance des PCB dans les sédiments permet d’établir, via les réseaux de suivi nationaux, une première cartographie de l’intensité de la contamination. Trois bassins hydrologiques sont particulièrement concernés : Artois-Picardie, Rhône-Méditerranée et Seine-Normandie.En conclusion, la pollution constatée dans les sédiments par les PCB est essentiellement d’origine historique.

Faut-il dépolluer les sédiments ?
Avant toute opération de dépollution par dragage des sédiments, il convient de prendre en compte les éléments suivants :
  • le dragage des sédiments peut remettre en suspension les PCB dans l’eau ce qui entraîne leur transfert vers d’autres portions du réseau hydrographique ;
  • le dragage peut « décaper » les sédiments les plus récents (a-priori ceux qui sont les moins contaminés) et remettre en contact avec le milieu aquatique les sédiments plus anciens et plus contaminés ;
  • des sites de dépôts des sédiments avec confinement doivent être trouvés si possible à proximité du cours d’eau dragué ;
  • les coûts de l’opération sont variables mais toujours élevés, de l’ordre de 100€/ m3.
Le dragage des sédiments puis leur traitement sont donc difficilement envisageables à grande échelle pour des raisons environnementales, techniques, et financières.

Quels enjeux pour l’homme et l’animal ?
Très solubles dans les graisses, ces substances s’accumulent dans les tissus graisseux tout au long de la chaîne alimentaire. L’homme se contamine par l’ingestion d’animaux ou de produits d’origine animale, notamment le lait, les œufs et les poissons, contaminés par le PCB. « Il est à noter que la toxicité aiguë des PCB est faible pour l’homme : une exposition accidentelle de courte durée aux PCB n’a pas de conséquence grave. Une exposition aiguë à forte dose est associée à des irritations de la peau (chloracné). Plus rarement, ont été observés des infections hépatiques, neurologiques, des bronchites chroniques, des maux de tête, des vertiges, des dépressions, des troublesde la mémoire et du sommeil, de la nervosité et de la fatigue, et de l’impuissance. Ces troubles sont, pour certains, réversibles.S’agissant des effets chroniques (exposition sur le moyen et le long terme), les PCB présentent divers effets néfastes chez l’animal, notamment toxicité pour la reproduction, immunotoxicité et cancérogénicité. Ils ont été classés en tant que substances probablement cancérogènes pour l’homme.Les effets sur les hormones thyroïdiennes et les conséquences possibles sur le développement du cerveau sont l’objet de discussions à l’heure actuelle.Outre ces possibles effets cancérogènes, les effets chroniques des PCB sont des dommages du foie, des effets sur la reproduction et la croissance. » (1).

Peut-on continuer à manger du poisson pêché en eau douce ?
Les poissons sont un des maillons de la chaîne alimentaire où chaque animal transmet à un autre les polluants qu’il a pu ingérer et qui ainsi se concentrent un peu plus à chaque fois dans leur chair. L’Union européenne a adopté les normes recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de concentrations maximales admissibles en PCB dans les poissons destinés à la consommation humaine. Le dépassement de ces normes peut conduire localement, à des interdictions de consommation de poissons, par arrêtés préfectoraux.Des espèces sont plus susceptibles que d’autres d’être contaminées :
  • celles vivant au contact des sédiments de fond (anguille, brème commune),
  • les carnassières, en raison de leur position en fin de chaîne alimentaire (brochet, sandre, silure).
Mais, des espèces a priori moins susceptibles d’être contaminées peuvent l’être dans des conditions environnementales spécifiques. C’est pourquoi, les mesures d’interdictions de consommation des poissons ne peuvent être ciblées sur des espèces particulières ni relever d’une logique « du cas par cas ». Il n’existe en effet pas de dispositif d’analyse simple et rapide de la contamination du poisson capturé. Chaque analyse PCB s’effectue en laboratoire et coûte de 600 à 1000€ par poisson.Il est donc indispensable de respecter les arrêtés préfectoraux pris localement pour interdire la consommation des poissons pêchés dans une zone à risque.


(1) Source : plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant des PCB et PCT approuvé par arrêté du 26 février 2003.

    de l'info en vrac

    Le feu sous la glace
    En Antarctique, le retrait des glaces est plus rapide dans certaines régions que dans d'autres. C'est notamment le cas de l'ouest du continent. En survolant la zone, Hugh Corr et David Vaughan, du British Antarctic Survey, à Cambridge, ont découvert une explication à ce phénomène. A l'aide d'un avion équipé d'un radar, ils ont repéré dans la glace de l'île Pine, une couche qui renvoyait fortement les ondes. Il s'agirait de téphras, des matériaux éjectés par un volcan. L'éruption, la plus important de ces 10 000 dernières années, aurait eu lieu vers 325 avant notre ère. La date a été déterminée grêce ) un modèle d'accumulation de la neige.
    Les glaciologues pensaient que la fontes des glaces dépendait surtout de la chaleur des eaux océaniques environnantes. Ces résultats montrent que désormais, un volcanisme est à prendre en compte. En effet, le volcanisme est actif sous l'Antarctique : le mont Erebus, dans la mer de Ross, est en activité depuis 1972.
    Reste à déterminer dans quelle mesure ce volcanisme précipite la fonte des glace...

    Asthme : trop de mitochondries
    L'asthme est une inflammation chronique des voise aériennes qui entraîne une obstruction des bronches. L'équipe de Patrick Berger, à l'Université de Bordeaux 2, vient de découvrir que cette pathologie s'accompagne d'une augmentation de la quantité de mitochondries, les usines énergétiques des cellules. Cela engendre une prolifération excessive des cellules musculaires bronchiques, d'où résulte le remodelage des voies respiratoires.
    On détient là une nouvelle piste pour lutter contre l'asthme : limiter la prolifération des mitochondries, ce qui pourrait se faire en freinant l'entrée du calcium dans les cellules.
    Un essai clinique devrait débuter prochainement...

    Mystère dans le manteau
    Les manteaux terrestre est-il structuré en 2 couches bien séparées, comme le suggère l'imagerie sismique ?
    Francis Albarède, de l'ENS de Lyon, pense que non. Le manteau est une couche rocheuse de 2 900 km d'épaisseur, comprise entre le noyau et la croûte terrstre. Les géochimistes distinguent le manteau supérieurd'où viendraient les basaltes du fond océanique et le manteau inférieur dont serait issus les basaltes des îles océaniques. Ces basaltes remonteraient directement du manteau inférieur et, en se déversant en surface à l'aplomb des points chauds, constitueraient ces îles. Si les 2 couches du manteau ne communiquez pas, les caractéristiques géochimiques de ces 2 types de basaltes devraient être bien différentes.
    Effectivement, les basaltes constituant la Réunion, Hawaï ou l'Islande contiennent plus d'hélium et de néons ricues en isotopes primordiaux que ceux du fond océanique, ce qui confirmerait une origine profonde de ces basaltes. Cependant, plusieurs observations contredisent cette idée. D'abord, les basaltes des îles océaniques sont pauvres en certains éléments caractéristiques du matériau terrestre primitif (différents de l'hélium et du néon). Or si ce matériaux provient d'un manteau inférieur isolé depuis la naissance de la Terre, le magma qui produit les îles devrait, au contraire, être riche en ces éléments. Ensuite, le basaltes hawaiien contiens beaucoup d'oxygène 18, ce qui indique qu'il a subi une maturation nécessitant un séjour dans le manteau supérieur, non loin de la surface. Enfin, on décèle même des traces de sédiments océaniques dans les basaltes insulaires, qui ne sauraient provenir des profondeurs !
    Pour lever ces contradictions, F. Albarède propose que, tôt dans l'histoire de la Terre, les gaz primordiaux ont été piègés dans les roches réservoirs poreuses, particulièrement solides, stables et réfractaires. Tout liquide magmatique venant à leur contact se serait chargé en gaz à isotopes primordiaux. Ce ne serait plus l'origine du magma, mais le chemin qu'il a parcouru qui expliquerait sa composition. Dès lors, nul besoin de supposer un compartimentage du manteau : des mouvements de convection dans toute la masse mantellique expliquerait la composition des divers basaltes.